Né dans la Vénétie occupée par les Autrichiens — qui trouvaient les vins locaux trop forts et demandaient à les allonger d'eau gazeuse (spritzen, « asperger ») — le Spritz est devenu LE rituel de fin de journée italien. Mais entre le Spritz d'aéroport trop sucré et celui du bacaro vénitien, il y a un monde. Ce monde tient en une règle simple : le 3-2-1.
La règle du 3-2-1
- 3 parts de Prosecco — un Prosecco Brut Conca d'Oro ou, pour un Spritz de compétition, un Prosecco Superiore Valdobbiadene DOCG
- 2 parts d'amer — Aperol pour la version douce et orangée, Campari pour les palais aguerris
- 1 part d'eau gazeuse bien froide
La préparation dans les règles
- Remplissez généreusement un grand verre à vin de glaçons. N'ayez pas peur d'en mettre trop : c'est la glace qui protège le Spritz de la dilution, paradoxalement.
- Versez le Prosecco d'abord (3 parts) — jamais l'amer en premier, il resterait au fond.
- Ajoutez l'amer (2 parts), puis l'eau gazeuse (1 part).
- Remuez d'un seul tour de cuillère, pas plus, pour préserver les bulles.
- Garnissez d'une demi-tranche d'orange. À Venise, on ajoute la fameuse grosse olive verte sur pique — faites-le, c'est le détail qui change tout.
Les variantes des initiés
Le Cynar Spritz : remplacez l'Aperol par du Cynar, cette liqueur d'artichaut au profil amer et herbacé née en 1952. C'est le Spritz préféré des Vénitiens eux-mêmes, moins sucré, plus complexe. Le Spritz Limoncello : remplacez l'Aperol par du Limoncello et nous voilà sur la côté Amalfitaine. Le Spritz Rosé : utilisez un Prosecco Rosé pour une version plus fruitée, parfaite au coucher du soleil.





